Archive pour septembre 2009»
Adoration: 9/10
Adoration, d’Atom Egoyan. Avec Devon Bostick, Scott Speedman, Arsinée Khanjian, Rachel Blanchard, Noam Jenkins, Kenneth Welsh… Canada, 100 minutes. 2008.
Film au scénario intense : relations familiales tordues, le racisme, le terrorisme, les mensonges véhiculés par l’Internet, l’enseignement etc. Très forte équipe d’interprètes. Je retiens surtout le jeune Devon Bostick, Scott Speedman, la superbe Rachel Blanchard et Kenneth Welsh, ce grand-père manipulateur. N’arrivez pas en retard car le début est très important. Le scénario très intelligent et plein de rebondissements m’a ravi. Atom Egoyan est un grand réalisateur canadien anglais. Les relations familiales, la tolérance et les enfants sont importants dans son œuvre.
Coco avant Chanel: 8/10
Coco avant Chanel, d’Anne Fontaine. Avec Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Alessandro Nivola, Emmanuelle Devos… France, 105 minutes.
Beaux décors, belle musique, superbes costumes, mais l’ensemble m’a laissé froid. On se promène dans un monde très superficiel. On ne s’attache pas vraiment aux personnages malgré des interprètes tous aussi bons les uns que les autres. J’ai aimé Alessando Nivola, cet acteur américain amène un peu de chaleur, et Emmanuelle Devos, superbe tout comme Audrey et Benoît. Des similitudes avec La vie en rose. Le titre dit tout, on voit surtout Coco, mais très peu de renseignements sur son succès en tant que Chanel. En réalité, c’est un film sur un triangle amoureux. J’aurais aimé connaître les années où se déroule l’histoire. Un gros bémol: Coco fume beaucoup et ça devient agaçant à la longue. La cigarette ne remplace pas un sentiment ni une émotion.
André Mathieu, romancier
On nous parle de la mort de Nelly Arcan. J’ai lu son premier livre Putain que j’ai trouvé tellement pessimiste et fortement penché vers des tendances suicidaires. J’ai cessé de la lire.
Le 11 septembre dernier décédait André Mathieu ( 1942-2009). Il a publié 65 titres à compte d’auteur sauf son premier. Sans appui financier, il lutta pour percer malgré des problèmes avec des distributeurs, des libraires, des bibliothèques etc. Plusieurs de ses livres sont connus dont Nathalie, Chérie, Complot, Demain tu verras ( tome 2 ) qui parle de ses problèmes dans le milieu littéraire, ses séries :Le 5e rang, la saga des Grégoire, Rose, Aurore, l’enfant martyr qui fut porté à l’écran, et combien d’autres.
Quand j’ai commencé à m’intéresser au compte d’auteur, je lui ai écrit. Il m’a répondu en m’encourageant à réaliser mon rêve malgré les nombreux obstacles.
Il a appris en juin 2009 qu’il souffrait d’un cancer terminal. Sur son site, il parle des 8 livres qui resteront dans sa tête. Il nous annonce également sa mort prochaine.
André Mathieu débuta l’écriture romanesque en 1977 et poursuivit jusqu’à sa mort. Je garde un profond respect pour l’homme et l’auteur. Il nous manquera.
Film souvenir # 1
On me demande souvent quel est mon film préféré? Il y en a plusieurs. Sous la rubrique Film souvenir, je vais vous faire part de mes préférences. Ils ne sont pas classés par ordre d’importance. Tous ont leur valeur spéciale.
Midnight Cowboy / Macadam Cowboy, de John Schlesinger. Avec Dustin Hoffman, Jon Voigt, Sylvia Myles, Brenda Vaccaro, Bernard Hugues, John McGiver… 1969, 113 minutes, couleur. Scénario d’après le roman de James Leo Herlihy.
L’amitié inattendue entre un prostitué et un sans-abri handicapé physique dans les rue de New York. Seul film coté X, adultes avec réserve, à avoir gagné l’Oscar du meilleur film. Les comédiens principaux, peu connus en 1969, dégagent un réalisme extraordinaire. On croit à 100% en leur personnage. D’après des spécialistes, ce film ne serait jamais tourné de nos jours car très loin du politiquement correct. Plusieurs associations manifesteraient contre le projet. On y parle, en plus de prostitution masculine et des sans-abris, de femmes seules à la recherche de jeunes amants, de fanatiques religieux et de cette génération axée sur le sexe, la drogue et le rock and roll. Lors d’une scène de party, le réalisateur avait invité Andy Warhol et son équipe à participer. Ce dernier refusa car il était très fâché qu’un britannique réalise un film dont le sujet l’intéressait au plus haut point. Warhol, sous la direction de Paul Morissey, produisit un film au même thème intitulé Flesh, film plus expérimental et montrant surtout la prostitution homosexuelle et les ravages de la drogue. Midnight Cowboy a une très belle trame sonore, dont la chanson thème et Everybody’s Talking de Nilsson. Ce film présente l’amitié entre hommes, sujet rarement abordé auparavant. Macadam Cowboy est disponible en DVD.
J’ai tué ma mère: 8,8/10
J’ai tué ma mère, de Xavier Dolan. Avec Anne Dorval, Xavier Dolan, François Arnaud, Suzanne Clément, Patricia Tulasne, Neils Schneider… 100 minutes. Québec.
Malgré certains cadrages douteux et une focalisation pas toujours précise, ce film mérite ces trois prix à Cannes. Scénario très réaliste sur la crise de l’adolescence et les familles monoparentales. Anne Dorval devrait se retrouver en nomination aux prix Jutras pour sa superbe interprétation d’une mère monoparentale débordée. La très belle musique de Nicholas Savard-L’Herbier ajoute une touche dramatique intéressante. Le jeune réalisateur, Xavier Dolan, ira loin si on lui donne les ressources nécessaires. Dans ce film, la réalisation est surprenante, certaines images très poétiques et le montage avant-gardiste tout à fait dans la vague du renouveau au cinéma. Je m’en voudrais de ne pas souligner la participation de Patricia Tulasne dans un rôle savoureux.
1981 : 7,8/10
1981, de Ricardo Trogi. Avec Jean-Carl Boucher, Sandrine Bisson, Claudio Colangelo, Marjolaine Lemieux, Gabriel Maillé, Dany Bouchard, Léo Caron, Pierre-Xavier Martel… 105 minutes. Québec.
J’aurais voulu aimer ce film. Le personnage principal, très bien joué par Jean-Carl Boucher, est menteur, égoïste et manipulateur. Difficile de s’attacher à lui. Les rôles d’adultes sont peu sympathiques. Il y a des trouvailles : les Nazis qui cherchent des coupables durant la deuxième guerre mondiale et en 1981, la visite d’une planète du Petit Prince de Saint-Exupéry (même à lui on fait de la peine). Les personnages suivants m’ont intéressé : l’enseignante, Marjolaine Lemieux, le père, Claudio Colangelo, et le Nazi, Pierre-Xavier Martel. Le jeune Jérôme, joué par Gabriel Lemieux, demeure le rôle le plus attachant, selon moi. Certaines blagues étaient trop ciblées aux gens de 1981. (Exemple : on se moque de la méthode de lecture Sablier. Qui a compris?) La majorité des spectateurs étaient des enfants, ils n’ont absolument pas ri.
Mes prix du FFM
Je suis un cinéphile amateur, j’y vais par coup de coeur. Je n’ai pas tout vu les films en compétition officielle, je laisse ça au jury du 33e Festival. Je peux choisir cinq gagnants pour certaines catégories et ce fut même difficile d’éliminer des candidats. J’ai noté à froid les différents films , mais après un laps de temps certains sont restés plus longtemps dans ma mémoire même si leur cote était moindre. Les gagnants sont classés dans l’ordre où je les ai vus.
Meilleurs films:
Meisjes ( Les filles), Belgique.
Made in Hungaria, Hongrie.
The Rainbow Troops, Indonésie.
Dear Doctor, Japon.
El Frasco, Argentine.
Meilleures actrices:
Marilou Mermans pour Meisjes, Belgique.
Mini Moshonov pour Mme Moskowitz et les chats, Israël et France.
Gut Mini pour The Rainbow troops, Indonésie.
Emmanuelle Seigner pour Une semaine sur deux( et la moitié des vacances scolaires), France.
Cécile de France pour Soeur Sourire, Belgique.
Meilleurs acteurs:
Tsurube Shofukutei pour Dear Doctor, Japon.
Dario Grandinetti pour El Frasco, Argentine.
Tristan Ulloa pour Un Buen Hombre, Espagne.
Cyron Melville pour Vanvittig Forelsket ( Love and Rage), Danemark
Ryan Ward pour The Son of Sunshine, Canada.
Meilleures actrices dans un rôle secondaire:
Marie-Josée Croze pour Korkoro, France.
Lea Couzin pour Meisjes, Belgique.
Lut Tomsin pour Meisjes, Belgique.
Sandrine Blancke pour Soeur Sourire, Belgique.
Karin Viard pour Le code a changé, France.
Meilleurs acteurs dans un rôle secondaire:
Lucas Van den Eynden pour Meisjes, Belgique.
Dany Boon pour Le code a changé, France.
Eita pour Dear Doctor, Japon.
Nick Barkla pour Blind Company, Australie.
Zulfani pour The Rainbow troops, Indonésie.
Meilleurs court métrage:
À mon frère, France.
En attendant que la pluie cesse, France.
Un Juego Absurdo, Argentine.
Socarrat, Espagne.
Bloody Crumble, France.
Meilleures musiques:
Meisjes ( Les filles, Over the Hill Band) , Belgique.
À mon frère, chanson de Guillaume Deladonchamps, France.
Un cargo pour l’Afrique, Ned Bouhlassa, Canada.
Made in Hungaria, Hongrie.
El Frasco, de Julien Vat, Argentine.
Meilleurs animaux comédiens ( avec humour):
L’épagneul dans Bambou, France.
Le singe dans Un cargo pour l’Afrique, Canada.
Le crocodile dans The Rainbow Troops, Indonésie.
Dernier jour au FFM
31. Viyon No Tsuma( La femme de Villon), de Kichitaro Negishi. Japon, 114 minutes. Scénario inspiré d’un auteur français du XVe siècle. L’histoire se passe au Japon en 1946. L’actrice principale, Takata Matsu, est non seulement très belle, mais rend de façon remarquable ce rôle d’une femme dévouée entièrement à son mari qui la trompe. Film lent. 8,2/10
32. Strayed, de Akham Satayev. Kazakhstan, 90 minutes. Une couple en panne dans la steppe, dort dans leur véhicule. Le lendemain, la femme et l’enfant ont disparu. Un thriller aussi bien fait que ceux des Américains et qui intègre de l’ésotérisme. Andrey Merzlikin, très bon comédien. 8,1/10
33. Winter Silence(Winterstilte), de Sonja Wyss. Pays-Bas, 70 minutes. Un film presque silencieux sauf pour des prières et des cantiques. À part la mort du père au début, il ne se passe presque rien.À la fin, la mère découvre des perce-neige. Un style à la Ingmar Bergman des années 50. 6/10
L’homme qui dort, de Inès Sudan. Canada-France, 12 minutes. Film d’animation intéressant. 8/10
Lars Og Peter ( Lars and Peter), de Daniel Borgman. Danemark, 15 minutes. Un père monoparental avec ses deux fils pas adolescents. Difficulté de vivre sans la mère. 7/10
Attached to You, de Carin Brack, Cecilia Actis, Mia Hutterstam. Suède. 9 mintes. Film d’animation. L’attachement d’une mère pour son fils de la conception au mariage de ce dernier. 8,3/10
Un Juego Absurdo, de Gaston Rothchild. Argentine, 12 minutes. Danses d’adolescents. Un gars timide voudrait danser avec la plus belle fille. Martin Perojansky, l’acteur principal, est très comique. 8,6/10
Socarrat, de David Moreno. Espagne, 12 minutes.Secrets de famille. Qui en veut à qui? Très comique et assez audacieux. 8,5/10
Prochains billets: mes prix. Et le dernier billet sur le Festival se nommera: Rencontres et cocasseries au FFM.
Dernier samedi au FFM
28. Vanvittig Forelsket ( Love and rage), de Morten Giese. Danemark, 95 minutes. Un étudiant en musique s’installe avec une amie. L’amour se change en jalousie maladive et en violence. Cyron Melville mérite le prix du meilleur acteur dans le rôle principal.On y croit tellement que ses gestes et ses regards nous font frissonner. Très bonne réalisation. La musique est un heureux mélange de classique et nouvel âge. 8,8/10
Bloody Crumble, de Éric Périssé. France, 11 minutes. Parodie de films de truands. Original et très drôle. Le réalisateur joue un rôle. 8,7/10
29. Un Cuerpo Desnudo ( A Naked Body) de Francisco J. Lombardie. Pérou, 90 minutes. Quatre joueurs de poker ont un cadavre nu dans leur maison. Du théâtre filmé. Bien joué, beaucoup de jasage. 7,8/10
Nue, de Catherine Bernstein. France, 8 minutes. Une femme raconte comment elle a réussi à accepter son corps non parfait. 8/10
30. Son of Sunshine, de Ryan Ward. Canada, 89 minutes. Film à très petit budget qui aborde un sujet très peu connu: le syndrome de Gilles de la Tourette. Scénario très sombre. Excellents interprètes dont le réalisateur et Shantelle Canzanese. 8,2/10
Thirteen Years ( Treces Anôs) de Topaz Adizes. États-Unis, 7 minutes. Tourné à Cuba en espagnol. Histoire que me semble incomplète. 7,9/10
Dernier vendredi du FFM
24. La Fisica dell’Acqua (La physique de l’eau), de Felice Farina. Italie, 76 minutes. Un garçon de sept ans, sa mère veuve et un oncle qui s’impose. L’enfant veut le tuer. Un des scénaristes a étudié à Concordia seize ans auparavant. Le jeune acteur est une révélation. Belle musique de Franco Persante. 8,5/10
25. Children of Invention, de Tze Chun. États-Unis, 86 minutes.Mère monoparentale avec deux enfants. Sans ressource de son ex, elle tente de survivre. Un jour, elle disparaît. Les enfants de 10 et 6 ans sont seuls. Superbe film. Les deux petits, Michael Chen et Crystal Chiu sont criants de vérité. Très belle musique de T. Griffin. Film américain qui se cherche un distributeur. Il mérite d’en trouver un. 8,6/10
26. Un Buen Hombre( A Good Man), de Juan Martinez Moreno. Espagne. 90 minutes. Un homme espère obtenir un poste important grâce, entre autres, à l’appui d’un supérieur et ami. Il voit ce dernier tuer sa femme. Que fait-il? Très bon drame psychologique et policier. Excellent jeu de Tristran Ulloa. 8,6/10
27. Wingless, de Ivo Trajkov. République tchèque-Macédoine, 90 minutes. Ce film a réussi à dépasser mon seuil de l’ennui. Après 55 minutes, j’ai quitté.
Never Drive a car When You’re Dead, de Gregor Dashube. Allemagne, 10 minutes. Film d’animation trop étrange. 2/10.
