Archive pour novembre 2010»
Burlesque, de Steve Antin
Burlesque, de Steve Antin. États-Unis 2010. 100 minutes. Musique de Christophe Beck. Avec Christina Aguilera, Cher, Cam Gigandet, Stanley Tucci, Kristen Bell, Eric Dane, Alan Cumming, Peter Gallagher, Julianne Hough…
Une jeune femme de la campagne quitte son patelin pour aller dans une grande ville et se faire connaître comme chanteuse. On dirait les mêmes prémisses que Demain matin, Montréal m’attend de Tremblay. Ce film est une comédie musicale. On ne demande pas aux actrices et aux acteurs de jouer du drame, mais de savoir chanter et danser. Et ils le font avec brio et énormément de talent. Les nombreux numéros musicaux sont exceptionnels, les chorégraphies superbes et plusieurs chansons très intéressantes. Si ce film obtient des nominations aux Oscars ce sera pour la musique. Je pense entre autres à You Haven’t Seen the Last of Me et Welcome to Burlesque, toutes les deux interprétées magistralement par Cher, qui devient, malheureusement, une caricature d’elle-même. Christina Aguilera a une voix qui porte et nous accroche à chaque fois. Et dire qu’elle était, adolescente, dans la même émission que Britney Spears et Justin Timberlake. Vocalement, elle les dépasse de plusieurs longueurs. Burlesque m’a fait penser à d’excellents numéros vus dans Cabaret et Chicago. Les maquillages ressemblent à ceux de Cabaret. Le maître de cérémonie, joué par Alan Cumming, à le même style que Joel Gray dans la merveilleuse comédie musicale qui se passe entre deux guerres en Allemagne. En passant Burlesque est un cabaret donc rien à voir avec le genre burlesque. Certains acteurs se démarquent quand même : Cam Gigandet, qu’on m’a dit jouer dans la série Twilight (Plusieurs aimeraient prendre des biscuits qu’il offre si gentiment à Christina), Stanley Tucci, toujours aussi bon, et Kristen Bell, la méchante de service. James Brolin a un petit rôle. De nos jours on voit surtout son fils, Josh Brolin. En conclusion, si vous aimez les comédies musicales, alors précipitez-vous au cinéma. 8,6/10
Lance et compte, de Frédéric D’Amours.
Lance et compte, de Frédéric D’Amours. Scénario de Réjean Tremblay. Québec 2010. 120 minutes. Avec Marc Messier, Carl Marotte, Marina Orsini, Yvan Ponton, Jason Roy-Léveillée, Éric Hoziel, Louise Portal, Denis Bouchard, Luc Proulx.…
Si vous avez suivi la série télévisée, alors vous aimerez autant le film. Il est rempli d’action et n’a rien a envié aux productions américaines du genre. Les acteurs sont tellement à l’aise dans leur personnage qu’ils deviennent ces êtres fictifs. On ne peut que remarquer le jeu très naturel de Marc Messier. Il est très bien secondé par Marina Orsini, Carl Marotte et Yvan Ponton. Le duo Denis Bouchard et Luc Proulx amène un élément comique qui n’est pas déplaisant. Est-ce que la finale est réaliste? Je crois que Réjean Tremblay connaît plus le hockey que moi. Je me suis amusé, j’ai vécu plein d’émotions et les personnages étaient super sympathiques. Très bon film québécois avec un excellent scénario sans longueur. Laissez-vous prendre par l’intrigue tout en mettant vos tracas à la porte du cinéma. 8,9/10
L’amour et les autres drogues/ Love and Other Drugs, d’Edward Zwick. États-Unis 2010, 112 minutes. Avec Jake Gyllenhaal, Anne Hathaway, Oliver Platt, Hank Azaria, George Segal, Jill Clayburgh…
Ce film parle de sujets très importants : le lobbysme des compagnies pharmaceutiques auprès des médecins et des cliniques médicales pour passer leurs produits en donnant des cadeaux à certaines personnes et la maladie de Parkinson. Malheureusement, le tout est traité à la légère évitant la controverse sans doute. L’histoire se passe en 1996 : on voit de nombreux autobus remplis d’Américains âgés qui se rendent au Canada pour se procurer des médicaments meilleurs marchés que dans leur pays. La richesse d’une certaine compagnie pharmaceutique en ce temps augmenta grâce au vente du Viagra. Je ne comprends pas pourquoi deux jeunes comédiens talentueux, Gyllenhaal et Hathaway, ont accepté de jouer dans ce film où il y a autant de scènes de nudité, certaines qu’on pourrait considérer comme soft porn. Les points positifs sont : le jeu de Gyllenhaal et Hathaway, une des plus belles déclarations d’amour sur film et la présence de la regrettée Jill Clayburgh, décédée le 5 novembre dernier. Elle apparaît pendant cinq minutes, il ne faut pas fermer les yeux. Cette grande comédienne, gagnante à Cannes en 1978 pour An Unmarried Woman, fut surtout connue dans les années soixante-dix dans des rôles de grandes féministes. Par après, elle apparut moins souvent à l’écran. Quel dommage pour nous! 7/10
La tête en friche, de Jean Becker
La tête en friche, de Jean Becker. France 2010. 82 minutes. Avec Gérard Depardieu, Gisèle Casadesus, Sophie Guillemin, Claire Maurier, Anne LeGuernec, Maurane…
N’étant pas un fan de Depardieu, je fus agréablement surpris par son interprétation tout en nuance dans ce film. Mais la vraie découverte est Gisèle Casadesus, née le 14 juin 1914. À 96 ans, cette dame nous charme et nous donne le goût de voir ou penser à notre grand-mère et de lire de beaux livres. Le scénario, basé sur un roman de Marie-Sabine Roger du même titre, est empreint d’un grand humanisme, d’une ouverture d’esprit envers les gens différents et les personnes âgées. Il ne faut pas manquer les phrases dites par Depardieu durant le générique de la fin. Que de sagesse! Je ne dévoile rien d’autre, ce film se laisse savourer tout en douceur. À voir! 8,8/10
Harry Potter et les reliques de la mort, 1ère partie, de David Yates. Grande-Bretagne 2010. 146 minutes. Avec Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint, Ralph Fiennes, Helena Bonham Carter, Robbie Coltrane, Rhys Ifans, Imelda Staunton…
Histoire beaucoup plus sombre et violente comme dans le livre. Malheureusement pas d’école Poudlard cette fois-ci. Les images sont superbes, on dirait qu’elles s’apparentent au film fascinant d’Orson Welles, Le procès d’après Franz Kafka, ou elles sortent directement d’un film d’horreur. Il faut rester éveillé parce que le montage nous transporte assez abruptement dans un autre paysage. Assez difficile à comprendre pour les jeunes de moins de dix ans. Le scénario repose sur les trois acteurs principaux, les autres passent assez vite. Presque tous les vilains des précédents opus reviennent hanter Harry et ses amis. Un peu trop long à mon goût. Pour les fans du jeune magicien. Si vous n’avez vu aucun des autres films ni lu les livres, vous risquez de vous perdre facilement. Seul Daniel Radcliffe a toujours l’air d’un adolescent, Emma devient une très belle jeune femme et Rupert apparaît très musclé en t-shirt. 8,4/10
Soul Kitchen, de Fatih Akin.
Soul Kitchen, de Fatih Akin. Allemagne 2009. 99 minutes. Avec Adam Bousdoukos, Moritz Bleibtreu, Birol Ünel, Anna Bederke, Pheline Roggan, Monica Bleibtreu, Demir Gökgöl…
Soul Kitchen est en nomination pour un European Film Award comme un des six meilleurs films européens de 2010. Deux autres candidats qui convoitent ce prix, et dont j’ai déjà parlés, sont : Dans ses yeux, de Juan José Campanella et L’écrivain fantôme de Roman Polanski. La grande comédienne allemande Monica Bleibtreu, décédée le printemps dernier, joue dans ce film-ci. Malheureusement, elle a un rôle très court et aucune scène avec son fils Moritz, que plusieurs ont sans doute vu dans L’expérience. Soul Kitchen est une comédie qui frôle l’absurde et utilise souvent le slapstick (Grosse farce) américain. Les comédiens jouent tous très bien en particulier : Adam Bousdoukos, Moritz Bleibtreu, Birol Ünel, en cuisinier assez agressif, et Demir Gökgöl, en locataire insolvable et chialeur. Je ne crois pas que le réalisateur gagne le prix mentionné plus haut, car il affronte deux films remarquables. Il est toujours plus difficile de faire une comédie. 8,3/10
Conviction, de Tony Goldwyn.
Conviction, de Tony Goldwyn. États-Unis 2010. 107 minutes. Avec Hilary Swank, Sam Rockwell, Minnie Driver, Melissa Leo, Clea DuVall, Juliette Lewis, Peter Gallagher…
Au Massachusetts, en 1983, une jeune femme termine son secondaire et poursuit des études pour devenir avocate et sauver son frère d’une condamnation à vie pour meurtre. Ça lui prend des années. Mais son frère est-il réellement innocent? L’histoire est basée sur un fait vécu. Un film très intéressent qui remet en question les valeurs familiales d’autrefois et d’aujourd’hui. Musique très belle de Paul Cantelon. Hilary Swank est superbe comme d’habitude. La découverte de ce film est Sam Rockwell : il est vif, dynamique et violent au début et devient un homme détruit avec les années en prison. Ce film n’a pas beaucoup de visibilité. Est-ce que les producteurs attendent de nominations aux Oscars pour le promouvoir? Dommage. Même s’il est filmé de façon conventionnelle, l’histoire méritait d’être racontée et ses interprètes donnent le meilleur d’eux-mêmes, même dans les petits rôles comme c’est le cas pour Juliette Lewis, Melissa Leo et Clea DuVall. À voir et à discuter. 8,6/10
