Archive pour mai 2011»
Agatha Christie, Duchesse de la mort, de François Rivière. Éditions Le livre de poche. 2008. 284 pages.
Qui n’a pas lu un roman policier d’Agatha Christie? Ce livre de Rivière nous dévoile certains secrets de la grande dame du polar, sur sa vie, sa façon de travailler et sur ses livres. Même son autobiographie comprend des éléments fictifs et ne nous renseigne pas sur sa disparition de 10 jours en 1926. On apprend également qu’Hercule Poirot et Miss Marple ne sont pas les seuls limiers utilisés par Agatha. On y parle aussi des romans qu’elle a écrits sous le pseudonyme de Mary Westmacott. Les deux dernières enquêtes de Poirot et de Miss Marple datent de la deuxième guerre mondiale avec ordre à son éditeur de les publier seulement après la mort de l’auteure. Un livre fascinant sur une dame qui aimait mettre du mystère dans sa vie comme dans ses romans.
Des films du Festival de Cannes
Le Festival de Cannes vient de terminer. Ses prix sont remis. Voici des
films que j’ai notés comme intéressants en lisant diverses critiques :
1) The Artist, film de Michel Hazanavicius. Film français muet et en noir et blanc. Les vedettes sont Jean Dujardin (qui a remporté le prix d’interprétation), Bérénice Bejo, John Goodman et un chien très intelligent. Comme tout film muet, une musique accompagne l’action. Certaines scènes de danse seraient remarquables.
2) Le Havre, d’Aki Kaurismaki. Film français. Pendant que sa femme est à l’hôpital, un homme recueille un jeune immigrant.
3) Take Shelter, de Jeff Nicholls. Un orage terrifiant hante les rêves d’un père de famille. Est-ce un présage pour l’avenir ou un début de maladie mentale? Film récompensé par le prix de la semaine de la critique.
4) The Beaver/ Le complexe du castor, de Jodie Foster. Mel Gibson joue un père de famille dépressif qui communique avec l’aide d’une marionnette en forme de castor. La dépression n’a jamais été un sujet rigolo. Mel Gibson y serait très bon. Mais est-ce que ses problèmes récents avec la justice nuiront à la popularité de ce film?
5) We Need to Talk About Kevin, de Lynn Ramsey. Un couple doit
affronter la dure réalité lorsque leur ado a tué plusieurs jeunes de son école.
Tilda Swinton y serait remarquable.
Another Year, de Mike Leigh
Another Year, de Mike Leigh. Version originale anglaise à sous-titres français. Grande-Bretagne 2010. 130 minutes. Avec Ruth Sheen, Jim Broadbent, Lesley Manville, Peter Wight, Oliver Maltman, David Bradley, Karina Fernandez, Imelda Staunton, Martin Savage…
Mike Leigh, ce grand réalisateur britannique, s’attache surtout aux liens entres les gens et leur rapport avec la nature. Dans Another Year, on retrouve un couple
presque à la retraite, leur fils de trente ans et des amis. Ils partagent souvent un bon repas et leurs sentiments. On n’assiste pas à un film d’action. On traverse les quatre saisons avec des joies et des peines. On passe du rire aux larmes, de la joie de vieillir à deux et de la difficulté de se retrouver seul, des bons choix que l’on a faits dans la vie et des autres beaucoup moins heureux. Tous les comédiens sont excellents, mais on ne peut pas passer à côté de l’interprétation magistrale de Lesley Manville, en femme seule un peu fofolle qui s’autodétruit avec le temps n’acceptant pas de vieillir en solitaire, tout comme le personnage joué par l’excellent Peter Wight qui se réfugie dans la boisson pour oublier sa grande détresse vis-à-vis la solitude. Pas un film rose, malgré des moments très comiques, mais tout en fait dans l’air du temps. Un très grand film de réflexion. 8,8/10
Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois. France 2010. 122 minutes. Avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale, Olivier Rabourdin, Jacques Herlin, Philippe Laudenbach, Loïc Pichon, Xavier Maly, Jean-Marie Frin, Olivier Perrier…
Des moines vivent dans un monastère en Algérie, lorsque des terroristes massacrent des étrangers à quelques kilomètres de leur demeure. Leur quiétude disparaît. Basé sur un fait réel qui se serait produit en 1996, Beauvois nous donne un très beau film lent au rythme de leurs journées et de leurs prières, très bien joué par tous. La scène du dernier repas au son du Lac des cygnes, malgré qu’elle soit sans dialogue, est un petit bijou d’émotions transmises par les regards des moines. «Les hommes ne font jamais le mal si complètement et joyeusement que lorsqu’ils le font par conviction religieuse», est une phrase lue par le moine médecin et attribuée à Blaise Pascal, extraite de Les Pensées publiées après sa mort en 1622. Elle semble toujours d’actualité. Il faut noter que le film ne dénigre jamais l’islam et ses pratiquants, mais bien les terroristes extrémistes qui n’attachent pas beaucoup d’importance à la vie, surtout à celle des autres. 8,8/10
Dolly Parton, ma mère et moi / The Year Dolly Parton Was my Mother, de Tara Johns. Canada 2011. 95 minutes. Avec Julia Stone, Macha Grenon, Gil Bellows, Rebecca Croll, Rebecca Windheim, Mang-Ling Tsui…
Premier film de la jeune réalisatrice, et toute une réussite. Une jeune fille de onze ans apprend qu’elle est adoptée et tente de retrouver sa mère naturelle. L’histoire se passe dans les années 1970. Il y a une grande recherche pour recréer les décors et les costumes de ces années. La musique de Dolly Parton est omniprésente, ça nous donne le goût de se procurer la trame sonore qui met également en vedette Martha Wainwright, Nelly Furtado, etc. La jeune Julia Stone est remarquable de
vérité. Macha Grenon joue sans doute un des meilleurs rôles de sa carrière. À
travers l’idée de la recherche de parents biologiques, c’est la quête de l’identité
qui s’exprime. La relation mère-fille passe par le silence pour se rendre aux
aveux même pénibles. Il ne faut pas oublier Rebecca Croll, la bonne amie pleine
de vie, d’humour et de résilience. Tous les comédiens brillent dans ce film
grâce à l’excellente direction. Pas un film d’action, mais un film de
tendresse, de douceur et de questionnement légitime. Même si le sujet attirera surtout les femmes, le personnage, joué par Gil Bellows, apporte une image positive du père dans cette famille qui a de la difficulté à communiquer. À voir, pour se rappeler et sourire. 8,8/10
