Archive pour juillet 2011»
Un amour fou (Crazy, Stupid, Love), de Glenn Ficarra et John Requa. États-Unis 2011. 118 minutes. Avec Steve Carell, Ryan Gosling, Emma Stone, Julianne Moore, Marisa Tomei, Jonah Bobo, Kevin Bacon, Analeigh Tipton, John Carroll Lynch, Josh Groban…
Scénario ridicule avec des incohérences et trop de personnages. Plein de bons comédiens avec des rôles superficiels. Ryan Gosling et Emma Stone sont superbes dans un extrait qui dure cinq minutes. Après, le scénariste leur redonne des scènes loin d’être comiques. Le jeune Jonah Bobo surprend par la justesse de son jeu malgré les situations qu’il doit jouer. Le pauvre crooner Josh Groban a un rôle qui ne passera pas à l’histoire. Si vous voulez rire ou passer un bon moment, allez voir Starbuck, Le sens de l’humour et même Amis modernes. 7/10
Cowboys & Aliens, de Jon Favreau
Cowboys & Aliens, de Jon Favreau. États-Unis 2011. 118 minutes. Avec Daniel Craig, Harrison Ford, Paul Dano, Adam Beach, Olivia Wilde, Sam Rockwell, Noah Ringer, Keith Carradine, Raoul Trujillo…
L’histoire se passe en Arizona, en 1873. Des extraterrestres attaquent les cowboys. La première partie ressemble plus à un western à la Sergio Leone avec ses grands espaces, ses gros plans sur des figures et ses chevauchées. Dans la deuxième partie, les envahisseurs enlèvent des habitants. Un curieux mélange de genre, mais assez bien réussi et très intriguant. Comment ces villageois du XIXème siècle pourront-ils résister et survivre à la technologie de leurs agresseurs? Daniel Craig aurait été choisi à cause de sa ressemblance avec Yul Brynner. Il joue un personnage solitaire un peu comme le faisait Clint Eastwood dans les films de Leone. Personnellement, je crois que c’est un de ses meilleurs rôles. Pour ceux et celles qui suivent mes chroniques, Daniel Craig, cheveux noirs, joue un des tueurs dans le film Infamous. Parmi le groupe de braves qui décident de ne pas s’en laisser imposer par les créatures inhumaines, on retrouve : un shérif, un pasteur, un criminel, une jeune femme, un enfant, des amérindiens et un chien. On veut rejoindre un large public. Un film original avec de belles images, des effets spéciaux réussis et une musique, d’Harry Gregson Williams, bien choisie pour le mélange des genres. 8,5/10
Starbuck, de Ken Scott
Starbuck, de Ken Scott. Québec 2011. 109 minutes. Avec Patrick Huard, Antoine Bertrand, Igor Ovadis, Julie LeBreton, Dominic Philie, Marc Bélanger, Patrick Martin, David Michaël, David Giguère, Sarah-Jeanne Labrosse, Sébastien René…
La bande-annonce ne m’inspirait pas confiance. Je trouvais le thème ridicule. Ken Scott, à partir de prémisses absurdes, a écrit avec Martin Petit un très beau scénario sur les liens parentaux. Il faut également dire que Patrick Huard tient le film sur ses épaules. Quel acteur exceptionnel! On croit en son personnage de perdant qui cherche un moyen de se racheter. Igor Ovadis et Antoine Bertrand le secondent merveilleusement bien. On retrouve plusieurs jeunes acteurs qui, avec un rôle assez court, réussissent à très bien tirer leur épingle du jeu. Je pense, entre autres, à David Michaël et Sarah-Jeanne Labrosse. Pour couronner le tout, le film a de très belles images et une musique incomparable de David Laflèche. 8,6/10
Un monde meilleur, de Suzanne Bier
Un monde meilleur/In a Better World, de Suzanne Bier. Danemark 2010.
113 minutes. Avec William Johnk Nieilsen, Markus Rygaard, Michael Persbrandt,
Trine Dyrholm, Ulrich Thomsen…
Ce film a gagné l’Oscar du meilleur film étranger cette année contre, entre autres, Incendies de Denis Villeneuve. Un monde meilleur a sans doute changé de titre par les producteurs ou les distributeurs, mais à l’origine ce film s’appelait Vengeance. Deux enfants d’une douzaine d’années, un dont la mère vient de mourir et l’autre dont les parents sont en instance de divorce, se retrouvent en pays étranger et dans une école ou un certain caïd et sa clique les harcèlent. Plusieurs thèmes sont abordés dans Un monde meilleur, mais le principal, selon moi, est la violence. Doit-on l’accepter passivement, tendre l’autre joue ou la combattre? De nos jours, est-ce que la loi de celui qui a des gros muscles et qui crie le plus fort règne encore? Si on souhaite la combattre, alors comment? À la sortie du cinéma, plusieurs discussions peuvent s’engager. Le film est très beau, la musique très intéressante, surtout l’utilisation du xylophone, et l’interprétation des cinq personnages principaux capte toute l’attention. Le jeune William, même si son personnage n’est pas des plus sympathiques, nous surprend par la véracité de son interprétation. Les parents de l’autre adolescent, joués par Mikael Persbrandt et Trine Dyrholm, percent l’écran également. L’actrice Trine Dyrholm m’a beaucoup fait penser à Isabelle Gaston : son look, son personnage est médecin tout comme son mari, le couple est en instance de divorce suite à l’adultère de l’un d’eux et un de leurs enfants est victime d’un crime violent. Est-ce que les nouvelles viennent nous chercher au point qu’on les relie à une histoire fictive? Un autre spectateur m’a fait la même constatation à la sortie de la salle. Pour terminer, j’ai préféré Un
monde meilleur à Incendies, mais de peu. 9,1/10
Amis modernes, de Will Gluck
Amis modernes / Friends With Benefits, de Will Gluck. États-Unis 2011. 109 minutes. Avec Mila Kunis, Justin Timberlake, Richard Jenkins, Patricia Clarkson, Woody Harrelson, Jenna Elfman…
C’est le troisième film américain en l’espace d’un an sur le sujet des jeunes couples qui couchent ensemble pour le plaisir et sans attache, les deux autres étant : L’amour et autres drogues, avec Jake Gyllenhaal et Anne Hathaway, 7/10, Ça n’engage à rien, avec Natalie Portman et Ashton Kutcher, 8,2/10. Amis modernes est le meilleur des trois surtout à cause de l’interprétation époustouflante de Mila Kunis et Justin Timberlake. Toutefois je me garde des réserves sur certains personnages secondaires trop clichés qui alourdissent le rythme, je pense à ceux joués par Patricia Clarkson, la mère irresponsable, et Woody Harrelson, l’homosexuel de service. Richard Jenkins est toujours aussi bon, mais son Alzheimer n’apporte rien au scénario. Les deux jeunes comédiens sont tellement crédibles qu’ils en valent le déplacement. Les scènes de nudité sont assez chastes. On y trouve même l’égalité dans le dévoilement, les deux montrent leurs fesses et c’est tout. La musique est très bien choisie. Certaines scènes avec des centaines de figurants sont aussi très intéressantes. 8,4/10
Capitaine América : Le premier vengeur/ Captain America The First Avenger, de Joe Johnston. États-Unis 2011. 125 minutes. Avec Chris Evans, Hayley Atwell, Sebastian Stan, Tommy Lee Jones, Hugo Weavingm Dominic Cooper, Toby Jones, Stanley Tucci…
Je ne connais pas la bande dessinée dont s’est inspiré ce film. Mais les origines sont bien évidentes. C’est très bande dessinée comme film. Si on ne prend pas l’intrigue au premier degré, on s’amuse beaucoup. L’humour, les invraisemblances, sujet oblige, la reconstitution minutieuse des années 1940 et de la guerre, le méchant qui a une tête à la Lucifer, sans oublier le très bon jeu des acteurs principaux nous apportent finalement un film intéressant et agréable. J’ai aimé l’histoire d’amour, style films des années 1940, la fille ne dit rien au gars pour respecter la morale de l’époque, le gars ne dit rien à
la fille car il a tellement peur du rejet, mais ils sont en adoration l’un de l’autre,
savoureux. Les moments d’action, quoique très nombreux, ne prennent pas toute
la place. Les trucages visuels sont surprenants. Je dois avouer que je n’ai
jamais deviné la fin, elle m’a surpris au plus haut point.
Détails de cinéphile : Toby Jones, qui joue un rôle secondaire dans ce film, n’a pas la stature du jeune premier ni du héros. Pourtant il est remarquable dans le rôle de Truman Capote dans Infamous. Malheureusement pour lui, ce film est sorti six mois après Capote pour lequel Philip Seymour Hoffman a obtenu l’Oscar du meilleur acteur en 2005. Les deux scénarios présentent le même fait vécu, mais d’un point de vue différent. (L’auteur Capote est fasciné par deux tueurs et désire écrire leur histoire qui deviendra le livre De sang froid/In Cold Blood.) J’avoue préférer l’interprétation de Toby Jones, plus émotive. De plus, dans Infamous, Sandra Bullock joue le même personnage que Catherine Keener dans Capote.
On comprend pourquoi Sandra méritait son Oscar quelques années plus tard, elle aurait pu l’obtenir aussi pour ce film dont la sortie tardive n’a pas aidé les deux acteurs. Louez les deux DVD et comparez.
Donc on revient au Capitaine América : 8,5/10
Méchants patrons, de Seth Gordon
Méchants patrons/ Horrible Bosses, de Seth Gordon. États-Unis 2011. 98 minutes. Avec Jason Bateman, Charlie Day, Jason Sudeikis, Kevin Spacey, Colin Farrell, Jennifer Aniston, Jamie Foxx, Julie Bowen…et un caméo de Bob Newhart.
Je croyais aller voir une comédie, mais pour moi ce ne fut pas le cas. Au lieu de rire des situations horribles que nos trois héros vivent à leur boulot, je les ai pris en pitié. J’étais avec eux et j’aurais voulu les aider à se débarrasser des trois méchants patrons. Un des moments qui m’a le plus choqué : le harcèlement au travail. Je ne trouve pas ce comportement drôle en aucun cas, mais on semble rire du fait quand le patron est une femme. J’ai donc suivi avec intérêt l’histoire pour connaître le
dénouement pour les employés malheureux. Je comprends que deux des trois
personnages principaux ajoutaient un élément comique, mais il était de trop
selon moi. Seul le personnage de Jason Bateman avait de la crédibilité à mes
yeux. Dans les rôles des patrons détestables, Kevin Spacey, Jennifer Aniston,
dans un rôle de méchante, et Colin Farrell, que je n’ai jamais reconnu, étaient
excellents. L’intrigue intéressante s’inspire volontairement de L’inconnu du Nord-Express d’Hitchcock. J’aurais préféré que ce film soit un drame plutôt qu’une comédie, mais 98 minutes au cinéma hors de la chaleur intense ce n’est pas de refus. 8,2/10
Harry Potter et les reliques de la mort, 2ième partie, de David Yates. Grande-Bretagne/États-Unis 2011. 130 minutes. Avec Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint, Ralph Fiennes, Alan Rickman, Michael Gambon, Maggie Smith, Tom Felton, Jim Broadbent…
Un film rempli d’action et d’effets spéciaux, mais sans âme. Même lorsque certains personnages importants meurent, je ne ressens rien. Cet Harry Potter est comme un film de guerre avec ses nombreux morts, ses destructions massives et, en plus, ses combats de baguettes qui lancent des rayons mortels. Beaucoup de scènes dans la noirceur et la grisaille sans compter les longueurs. J’ai aimé le jeu des acteurs mentionnés plus haut et la musique d’Alexandre Desplat. Une chance qu’il n’y a pas de suite, car Rupert Grint est loin de ressembler à un adolescent. Plusieurs auraient aimé ce film. Selon moi, il manquait la poésie et l’humour des six premiers opus de cette série. 8/10
Minuit à Paris, de Woody Allen
Midnight in Paris/ Minuit à Paris, de Woody Allen. États-Unis et Espagne 2011. 94 minutes. Avec Owen Wilson, Marion Cotillard, Rachel McAdams,
Michael Sheen, Carla Bruni, Adam Brody, Kathy Bates, Corey Stoll, Alison Pill,
Tom Hiddleston, Karine Vanasse…
Woody Allen nous démontre encore une fois son intelligence et sa grande culture. Un écrivain d’Hollywood en 2010 se retrouve dans le Paris des années 1920 et même de la Belle Époque, 1890, grâce à un moyen de transport vers minuit dans la ville lumière. Comme dans son très beau film La rose pourpre du Caire, on
voyage entre l’imaginaire et la réalité. Si Picasso, Dali, Scott et Zelda Fitzgerald, Luis Bunuel, Ernest Hemingway, Gertrude Stein et Toulouse-Lautrec ne vous disent rien, alors vous ne pourrez pas vous émerveiller devant ce film. Owen Wilson joue sans doute le meilleur rôle de sa carrière jusqu’à présent. Marion Cotillard, quelle actrice! Un personnage romantique en plus, tout à fait pour elle. Corey Stoll en Hemingway, Adam Brody en Dali, Kathy Bates en Gertrude Stein et Alison Pill en Zelda Fitzgerald sont superbes. Karine Vanasse a un très petit rôle, elle dit une phrase et elle danse dans l’épisode de la Belle Époque. Un petit rôle dans un film de Woody Allen, ça se met très bien dans un CV. J’ai vu la version anglaise. Quand les personnages parlent français, il n’y a pas de sous-titres sauf à la fin avec Gad Elmaleh pour comprendre mieux la finalité de son enquêteur privé. Un très beau film intellectuel. 8,7/10
Le sens de l’humour, d’Émile Gaudreault
Le sens de l’humour, d’Émile Gaudreault. Québec 2011. 110 minutes. Avec Michel Côté, Benoît Brière, Louis-José Houde, Sonia Vachon, Éveline Gélinas, Anne Dorval, Alexandre Goyette, Pierrette Robitaille, Luc Senay, Pierre Collin, René Richard Cyr…
Comédie noire tout à fait dans le genre Arsenic et vieilles dentelles de Frank
Capra, 1944, un classique du genre. On mêle la comédie et le macabre. N’allez
pas voir ce film en croyant retrouver une suite de Père en flic, même si c’est de la même équipe. C’est un film totalement différent. Une fois entré dans l’intrigue, on rit à plusieurs endroits. La finale est un peu étirée à mon goût, mais ça dépend de chacun. J’ai particulièrement apprécié Sonia Vachon et Éveline Gélinas, quel duo comique! Louis-José Houde nous prouve qu’il peut très bien jouer la comédie. Ici, il est le faire-valoir de Benoît Brière, tout aussi remarquable lui aussi. Michel Côté est très bon, mais son personnage ressemble trop au gars gêné dans les deux
films Cruising Bar avec un côté sombre et sadique. Les paysages sont magnifiques, le film a été tourné dans Charlevoix et au Saguenay pour la plupart. Un très bon divertissement, pas nécessairement pour tous les adeptes de Père
en flic. 8,6/10
