Archive pour septembre 2011»
Hasta la Vista, de Geoffrey Enthoven
Hasta La Vista (Come As You Are), de Geoffrey Enthoven. Belgique 2011, 115 minutes.
Avec Robrecht Vanden Thoren, Gilles De Schryver, Tom Ardenaert, Isabelle de Hertogh, Kimke Desart…
Trois jeunes hommes, un aveugle, un paralysé et l’autre se déplace en chaise
roulante, décident de se libérer de l’écrasant dévouement de leurs parents pour
aller en Espagne dans un bordel pour handicapés. Ils trouvent une femme
chauffeur, une Française, joué par Isabelle de Hertogh, qui ne parle pas le
flamand comme eux. Elle ne s’en laisse pas imposer. Les quatre comédiens
méritent un prix tellement ils sont excellents. C’est un road movie qui passe
chez des vignobles en France. J’ai eu une réelle surprise de voir un comédien français, sosie d’un de mes amis, acteur, Stephen-Guy Sévigny. Ce qui semble au départ un film sans conséquence devient une belle aventure avec de superbes paysages. On prend conscience du grand besoin d’autonomie et d’intimité des personnes handicapées. La salle a applaudi à la fin de la projection. J’ai vu ce film au Festival des films du monde. Je n’y croyais pas tellement, le résumé présenté me semblait ridicule. Je n’ai absolument pas regretté de l’avoir choisi. Il a d’ailleurs gagné le grand prix au Festival. Maintenant, je suis très heureux que plusieurs
Québécois pourront partager mon plaisir, car il est distribué au Québec et se
retrouve présentement en salle à Montréal. 9/10
Deux ans auparavant, j’avais eu également l’immense bonheur de voir Les filles du même réalisateur. Ce film est maintenant sur DVD et disponible au Québec. Voici ce que j’en disais à l’époque.
Les filles (The Over The Hill Band), de Geoffrey Enthoven. Belgique 2009. 95 minutes.
Avec Marilou Mermans, Lea Couzin, Lut Tomsin, Lucas van den Eynden, Jan van Looveveren…
Trois femmes septuagénaires se montent un groupe musical de Rythm and Blues. Les trois comédiennes principales sont merveilleuses. On pourrait donner un prix à
tous les acteurs de ce film. Le scénario nous incite à croire qu’il y a une vie même après 70 ans. Les comédiennes, le réalisateur et le scénariste répondaient aux questions et commentaires après le film. J’ai même réussi à mettre mon grain de sel. Espérons que des distributeurs se procureront ce film pour que tout le Québec le voie. 9/10
Enlèvement, de John Singleton
Enlèvement / Abduction, de John Singleton. États-Unis 2011. 106 minutes.
Avec Taylor Lautner, Lily Collins, Alfred Molina, Michael Nyqvist, Sigourney Weaver, Maria Bello, Jason Isaacs…
Un étudiant du secondaire s’aperçoit qu’il est un enfant recherché par ses vrais parents. Mais qui sont ceux avec qui il vit? Le scénario de Shawn Christensen ne s’attarde pas trop à la recherche de parents biologiques, mais transforme son histoire en film d’action et d’espionnage. Il y a beaucoup d’action et pas de longueur. Le jeune comédien Taylor Lautner, un des trois héros de la série Twilight, il n’a pas 20 ans, a fondé sa propre compagnie de production et Enlèvement est le premier projet à voir le jour. Il s’est entouré d’un réalisateur d’action, John Singleton et d’excellents comédiens comme Alfred Molina, Sigourney Weaver et Michael Nyqvist de la série Millénium. Noomi Rapace, de la même trilogie, jouera dans le prochain Sherlock Holmes. Enlèvement est un très bon film d’action n’en déplaise aux critiques négatives. La première scène du
film est un très mauvais exemple à donner aux jeunes : car surfing. Taylor
Lautner et Lily Collins ne sont pas d’excellents comédiens, mais c’est un film
d’action alors on ne regarde pas ça. 8,5/10
Sang-froid, de Nicolas Winding Refn
Drive / Sang-froid, de Nicolas Winding Refn. États-Unis 2011. 100 minutes.
Avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Albert Brooks, Ron Perlman, Oscar Isaac, Christina Hendricks…
Un jeune cascadeur automobile se sert de ses talents pour aider des voleurs à fuir les lieux de leurs larcins. Malheureusement le crime paie aux vrais criminels, mais pas aux amateurs. Nicolas Winding Refn a gagné le prix du meilleur réalisateur à Cannes pour Drive, avec raison selon moi. Il y a une grande recherche de l’image,
recherche également pour créer une ambiance cinéma d’auteur, cinéma-vérité. La
musique dance et pop aide également à s’imprégner de ce climat lourd, mystérieux et excitant. Plusieurs scènes sont lentes, les dialogues sont très contemporains du cinéma d’aujourd’hui avec des questions sans réponse, car les images donnent les solutions. Interprétation remarquable de Ryan Gosling de ce rôle du grand silencieux à la Clint Eastwood des temps modernes. Ses regards, sa démarche et son attitude nous font tout comprendre. Carey Mulligan ne s’en laisse pas imposer. Quelle jeune actrice au grand talent, découverte dans Une éducation. Une surprise : Albert Brooks, qui jouait et réalisait des comédies dans les années 1980, revient dans ce film avec un personnage ultra-violent. Ce film est pour 13 ans et plus à cause de la violence. Hitchcock nous a enlevé le goût de prendre une douche
dans un motel, Sang-froid nous fait craindre les déplacements dans un ascenseur. Un film à petit budget, mais très impressionnant cinématographiquement parlant.
9/10
Un balcon sur la mer, de Nicole Garcia
Un balcon sur la mer, de Nicole Garcia. France 2010. 105 minutes.
Avec Jean Dujardin, Marie-Josée Croze, Toni Servillo, Sandrine Kiberlain, Michel Aumont, Claudia Cardinale…
Une jeune femme, connue lors de son enfance en Algérie, revient dans la vie d’un homme marié et agent immobilier. Que désire-t-elle réellement? Marie-Josée Croze joue un rôle similaire à celui de Kim Novak dans Sueur froide, mon film préféré d’Hitchcock. Jean Dujardin démontre qu’il est à l’aise autant dans la comédie que le drame. Même si la publicité dit que c’est son meilleur film, attendez de le voir dans The Artist, ce film muet en noir et blanc, qui sortira en novembre semble-t-il. Les rumeurs souhaitent le voir obtenir une nomination aux Oscars. Dans Un balcon sur la mer, les paysages sont magnifiques et l’histoire captivante. Claudia Cardinale, qui commença sa carrière au cinéma en 1958, a un petit rôle, mais crucial pour l’intrigue. Seul point faible, selon moi, le choix de Toni
Servillo et son interprétation. Sandrine Kiberlain a un rôle trop court pour
une excellente comédienne comme elle. 8,5/10
Le nom des gens, de Michel Leclerc
Le nom des gens, de Michel Leclerc. France 2010. 104 minutes.
Avec Jacques Gamblin, Sarah Forestier, Zinedine Soualem, Carole Franck, Jacques Boudet, Michèle Moretti…
Gagnant des César 2010 pour le meilleur scénario et de la meilleure actrice. Si vous connaissez les dessous de la politique française, leurs relations avec les immigrants depuis la deuxième guerre mondiale et leur système de votation, vous risquez d’aimer ce film. Personnellement, je n’ai jamais cru en la relation du couple principal. Pourquoi toutes ces scènes de nudité intégrale de la jeune comédienne? Trop c’est trop. J’ai aimé la musique de Jérôme Bensoussan et David Euverte. La présence de Lionel Jospin ne m’a pas impressionnée, le connaissant de nom seulement. 7/10
Contagion, de Steven Soderbergh
Contagion, de Steven Soderbergh. États-Unis 2011. 105 minutes.
Avec Laurence Fishburn, Matt Damon, Jennifer Ehle, Anna Jacoby-Heron, Marion Cotillard, Kate Winslet, Gwyneth Paltrow, Jude Law, John Hawkes, Elliott Gould, Sanaa Lathen…
Des médecins tentent de comprendre et d’exterminer un virus mortel et très contagieux. Il prend que quelques jours pour tuer ses victimes et se propage grâce au toucher, à la malpropreté, aux éternuements, etc. Il est une combinaison de la grippe espagnole, du VIH et du H1N1. Ce que j’ai aimé fut de constater la désinformation que fait circuler l’Internet et les différents réseaux sociaux causant ainsi une panique et de la violence parmi la population. Naturellement, des minables en profiteront pour se faire de l’argent sur le dos des malades comme certaines compagnies pharmaceutiques et des gourous de Facebook et twitter. On est encore à l’ère ou les gens croient que Bill Gate va leur envoyer un ordinateur gratuitement, que le SIDA s’attrape sur les fauteuils des salles de cinéma, etc. Un film qui porte à réflexion sur nos croyances et notre naïveté devant des pseudo-experts. N’y allez pas pour suivre la carrière d’une de vos vedettes préférées dans le générique, leur personnage peut mourir en cinq minutes. C’est tout le processus de la recherche vis-à-vis une épidémie virulente qui est intéressante. Le personnage joué par Jude Law est un être exécrable qui, malheureusement, doit exister. 8,7/10
La couleur des sentiments, de Tate Taylor
The Help / La couleur des sentiments, de Tate Taylor. États-Unis 2011. 146 minutes.
Avec Emma Stone, Viola Davis, Bryce Dallas Howard, Octavia Spencer, Jessica Chastain, Ahna O’Reilly, Allison Janney, Chris Lowell, Cicely Tyson, Mike Vogel, Sissy Spacek…
L’histoire se passe au début des années 1960. Une jeune femme blanche veut écrire un livre sur les servantes noires qui travaillent dans son entourage. Naturellement, ça parle de racisme en premier, mais ça parle aussi de la place des femmes noires et blanches à cette époque. Le film met en vedette des interprètes presque entièrement féminines et toutes superbes. Emma Stone a un rôle ingrat, celui de celle qui déclenche l’histoire et met donc en valeur toutes les autres interprètes. Viola Davis est toute en retenue comme le demande son personnage avant qu’il n’éclate. Une découverte : Octavia Spencer . Son visage et ses yeux si expressifs, nous démontrent un talent remarquable. Jessica Chastain, dans un rôle secondaire de composition, nous fait rire, nous attriste et on prend pour elle qui est rejetée des autres femmes blanches. Être la méchante dans ce film n’est pas facile, tous les
spectateurs nous détestent. Bryce Dallas Howard a accepté un rôle difficile et
peut-être même casse-cou. Elle joue si bien que sans elle il n’y aurait vraiment pas d’histoire. Un très beau film avec ses passages drôles, tristes, émouvants et tellement inspirants. 9/10
