Archive pour octobre 2011»
Judas Kiss, de J.T. Tepnapa
Judas Kiss, de J.T. Tepnapa. États-Unis 2011. 94 minutes.
Avec Charlie David, Richard Harmon, Sean Paul Lockhart, Timo Deschamps, Laure Kenny, Julia Morizawa, Sharon Savene…
Tepnapa a aussi réalisé la série Star Trek : New Voyages qui devrait prendre l’affiche à la télé si ce n’est pas déjà fait. Au générique, on retrouve deux acteurs canadiens, Charlie David et Richard Harmon (très intense), un Belge, Timo Deschamps, en plus d’acteurs américains.
Judas Kiss est un film dans le fantastique. Peut-on reculer de quinze ans et réparer une erreur du temps de nos études? Il ne faut pas aller voir ce film si on est fatigué. On peut retrouver le même personnage à trois âges différents dans la même séquence. Très intriguant. Un film à petit budget. La postsynchronisation n’est pas toujours précise. Certains acteurs dans des rôles secondaires jouent faux. Ceux que je mentionne au début savent très bien tirer leur épingle du jeu.
Dans ce film, on retrouve l’acteur Sean Paul Lockhart. Ça ne vous dit rien, tout à fait normal. Ce jeune comédien a dû changer de nom à cause de conflits avec une compagnie de films qui lui a interdit d’utiliser le pseudonyme qu’il avait lorsqu’il faisait des films pornos. Sa vie se rapproche du cauchemar. Il aurait même été victime d’un réseau de pédophiles, selon les rumeurs. Maintenant il tente de refaire son image dans des films plus grand public. Il est rare qu’un acteur porno puisse intégrer le cinéma régulier. Dans Judas Kiss, Sean Paul Lockhart nous montre qu’il a le talent pour réussir. On lui souhaite bonne chance. 7,9/10
Tomboy, de Céline Sciamma
Tomboy, de Céline Sciamma. France 2011. 84 minutes.
Avec Zoé Héran, Malonn Lévana, Jeanne Disson, Sophie
Catani, Mathieu Demy…
Une fille de 10 ans déménage avec sa famille dans une nouvelle ville. Pour se faire des amis, elle décide de se présenter comme un garçon. Le thème me fait penser au superbe film belge Ma vie en rose. L’actrice principale, Zoé Héran, rend avec justesse un rôle très délicat. On ne peut pas s’empêcher de remarquer le jeu naturel et émouvant des enfants, en particulier Malonn Lévana, six ans. Tomboy est en nomination, avec 44 autres titres, pour le prix du meilleur film européen de l’année. Le scénario aborde le sujet difficile de l’identité sexuelle chez une jeune fille avec tact et justesse. Excellente direction d’acteurs. De très beaux moments resteront à jamais marqués dans votre mémoire. 8,8/10
Les marches du pouvoir, de George Clooney
Les marches du pouvoir / The Ides of March, de George Clooney. États-Unis 2011. 101 minutes.
Avec Ryan Gosling, George Clooney, Philip Seymour Hoffman, Paul Giamatti. Evan Rachel Wood, Marisa Tomei, Jeffrey Wright, Max Minghella, Hayley Meyers…
L’histoire se passe dans les coulisses du pouvoir aux États-Unis. Une équipe travaille pour faire élire un candidat présidentiel. Tous les moyens sont permis pour atteindre le pouvoir : le mensonge, la trahison, la vengeance, la malhonnêteté et autres coups bas. Le réalisateur acteur George Clooney n’est pas à son premier film dévoilant les travers des politiciens. Il réussit toujours à passer clairement son message. Ryan Gosling, que certains ont connu dans Les pages de notre amour, revient sur nos écrans pour la deuxième fois cet automne dans un rôle où il excelle, le précédent étant Sang-froid. Il se doit de recevoir une nomination aux Oscars. Sa présence dans Les marches du pouvoir est magnétique. Quel grand acteur! Plusieurs acteurs de marque se trouvent dans la distribution dont Philip Seymour Hoffman et Paul Giamatti. Il ne faut pas oublier, dans un rôle secondaire, la jeune comédienne Evan Rachel Wood qui se surpasse de film en film. Même si la politique vous intéresse plus ou moins, ce film vous ouvrira les yeux. Il est très d’actualité. 8,7/10
Tous les soleils, de Philippe Claudel
Tous les soleils, de Philippe
Claudel.France 2011. 105 minutes.
Avec Stefano Accorsi, Neri Marcore, Clotilde Courau, Lisa Cipriani, Anouk Aimée, Émilie Gavois-Kahn…
Deuxième film du réalisateur-auteur, Claudel, il change de registre et nous donne une histoire optimiste et délicieuse. On y parle d’une famille monoparentale, d’enseignement, de la relation parfois difficile entre parents et adolescents, de bénévolat et de reprendre sa vie en main. Au début, il faut tendre l’oreille pour comprendre un Français à l’accent italien, mais tout entre dans l’ordre par la suite. Les interprètes sont formidables et attachants : Stefano Accorsi, le père veuf, impressionne de film en film (Je vous suggère le très beau film italien Tableau de famille (Le Fate Ignoranti / Secret Life) dans lequel il excelle), Neri Marcore, en frère bohême qui déteste la tête du gouvernement actuel italien est très drôle, Anouk Aimée, superbe et tellement élégante (Comment fait-elle pour ne pas vieillir? Elle jouait dans Un homme et une femme, un Lelouch de 1966, et avec Serge Reggiani, en 1949, dans le très beau Les amants de Vérone.). Je ne dois pas oublié celle qui joue la factrice avec candeur et naïveté, Émilie Gavois-Kahn. Un très beau film qui nous redonne espoir en la vie. 8,7/10
Le bonheur des autres, de Jean-Philippe Pearson. Québec 2011. 101 minutes.
Avec Michel Barrette, Julie LeBreton, Louise Portal, Marc-André Grondin, Ève Duranceau, Stephane Breton, Germain Houde, Julie Vincent, Normand Daneau, Christiane Pasquier…
Personnellement, je ne considère pas ce film comme une comédie, mais plutôt un drame. Il y a trop des histoires importantes dans ce scénario: le couple formé d’un homme de 55 ans et de sa compagne de 30 ans enceinte, la femme abandonnée 20 ans auparavant et qui a sacrifié sa vie pour élever ses enfants et se retrouve seule dans la cinquantaine, une jeune couple qui ne réussit pas à avoir un enfant et un fils qui garde difficilement ses relations intimes. Tous ces thèmes auraient dû être abordés plus en profondeur, mais en les réunissant dans un même film il n’y a pas assez de temps pour cela. Pour la finale, j’avais l’impression qu’il manquait justement de temps et que l’on nous a lancé l’état des relations de ces différents personnages un an plus tard sans grande explication comme: d’où vient le bébé à la fin? Et autres images sans réponses. Marc-André Grondin et Louise Portal méritaient de meilleurs rôles. Julie LeBreton semble se spécialiser dans les rôles de femmes enceintes, un peu désagréable, qui ont des problèmes. Dans Maurice
Richard, elle nous montrait qu’elle avait du talent. Michel Barrette
rendait bien son personnage. Le couple, joué par Ève Duranceau et Stéphane
Breton, m’a impressionné. J’espère qu’on reverra ces deux comédiens au cinéma. Un bon film qui nous laisse sur notre appétit. 8,3/10
Café de Flore, de Jean-Marc Vallée
Café de Flore, de Jean-Marc Vallée. Québec 2011. 120 minutes.
Avec Vanessa Paradis, Kevin Parent, Hélène Florent, Évelyne Brochu, Marin Gerrier, Joanie Corbeil-Picher, Evelyne de la Chenelière, Michel Dumont…
Deux histoires en parallèle, l’une au Québec, de nos jours, et l’autre en France, en 1969. Le début est lent. Au milieu du film, on comprend qu’il s’agit d’une histoire d’âme sœur. Si on se laisse entraîner dans ce thème alors on aime Café de Flore,
sinon on se demande c’est quoi l’histoire. J’ai aimé ce film pour les images, la
musique, le jeu remarquable de Vanessa Paradis, son meilleur rôle au cinéma
selon moi, et celui d’Hélène Florent. Kevin Parent se débrouille très bien. Évelyne
Brochu n’a pas un rôle aussi étoffé que les autres, mais elle s’en sort très
bien. Le jeune Marin Gerrier est adorable et attachant. Je ne crois pas que Café de Flore aura la popularité qu’a eu Crazy, du même réalisateur, à cause du sujet moins à la portée de tous. Toutefois, on ne peut que s’intéresser à cette femme toujours en amour avec l’homme qui l’a laissée pour une autre, et à cette Française qui a sacrifié sa vie pour son enfant trisomique. De beaux personnages féminins!
8,7/10
50/50, de Jonathan Levine
50/50, de Jonathan Levine. États-Unis 2011. 99 minutes. Musique originale de Michael Giacchino.
Avec Joseph Gordon-Levitt, Seth Rogen, Anna Kendrick, Anjelica Huston, Serge Houde, Bryce Dalla Howard, Matt Frewer, Philip Baker Hall…
Un jeune homme de 27 ans apprend qu’il a une forme rare du cancer de la colonne vertébrale. Le scénario est inspiré d’un fait réel qu’a vécu son auteur Will Reiser. On y croit entièrement. Si vous avez aidé un être cher aux prises avec le cancer, vous reconnaitrez des éléments communs : les gens qui refusent d’aller visiter le malade à l’hôpital, ceux qui l’abandonnent parce qu’il est moins intéressant, les effets secondaires des médicaments et de la chimiothérapie… Vous trouverez également les vrais amis qui restent, les nouvelles connaissances qui
subissent les mêmes traitements, qui se lient d’amitié avec le patient, forment
une nouvelle famille et rient malgré tout le reste. Joseph Gordon-Levitt, que j’ai
beaucoup aimé dans d’autres films comme Le guetteur, 500 jours avec Summer et Origine, est exceptionnel dans 50/50. Vous n’oublierez pas la scène du rasage des cheveux, elle a été improvisée entre les deux acteurs et le réalisateur l’a conservée. J’espère qu’on ne l’oubliera pas de mentionner le nom de Gordon-Levitt lors de la nomination des prochains Oscars. Il a commencé très jeune à jouer à la télévision et au cinéma, et je souhaite le voir encore pendant de nombreuses années. Dans des rôles secondaires, on retrouve Anna Kendrick, ravissante de naïveté, Anjelica Huston, enfin dans un rôle sympathique, le Québécois Serge Houde, il jouait le rôle de Pierre Laporte dans le film Octobre de Pierre Falardeau,
Bryce Dallas Howard, qui semble se faire une spécialité des personnages anttipathiques comme celui dans La couleur des sentiments, et Seth Rogen, un rôle intéressant pour lui. Malheureusement ses dialogues sont assez vulgaires, comme dans ses autres films. Pour reprendre une expression d’un cinéphile, 50/50 est «brillamment réaliste». Vous l’avez sans doute deviné, le titre fait
référence aux chances de survie du personnage principal, soit 50%. Amenez vos
papiers mouchoirs, mais préparez-vous aussi à rire. 9,1/10
Les émotifs anonymes, de Jean-Pierre Améris. France 2010. 80 minutes.
Avec Isabelle Carré, Benoît Poelvoorde, Lorella Cravotta, Lise Lamétrie, Swann Arlaud, Pierre Niney, Stephan Wojkowicz…
Un homme et une jeune femme souffrent de timidité maladive. Ce problème leur cause de nombreuses maladresses et une vie sociale très solitaire. Merveilleuse Isabelle Carré! Cette comédienne me surprend de film en film. L’histoire comique et peu banale est presque entièrement basée sur des faits réels, selon le réalisateur. C’est un film tout à fait charmant, joué par d’excellents comédiens même pour les petits rôles, je pense aux quatre employés du magasin de chocolat et au psychologue. À voir pour passer un agréable moment. 8,6/10
La maison de rêve, de Jim Sheridan.
Dream House/ La maison de rêve, de Jim Sheridan. États-Unis 2011. 106 minutes.
Avec Daniel Craig, Rachel Weisz, Naomi Watts, Elias Koteas, Martin Csokas, Rachel Fox…
Un jeune couple emménage avec leurs deux fillettes dans une maison où une femme et deux petites filles ont été tuées. Le meurtrier rôde toujours. Il y a deux ans, deux grands réalisateurs français étaient venus au Festival des films du monde pour dénoncer l’ingérence des producteurs américains dans le montage de leur film. Il semble que le même problème s’est produit pour Jim Sheridan, réalisateur irlandais. Grâce à l’aide de Daniel Craig et de Rachel Weisz, il a réussi à assez bien contrôler le montage de son film, sauf pour la bande annonce. L’ayant vue, on croirait que La maison de rêve est un film d’horreur ce qui n’est absolument pas le cas. C’est un drame psychologique. Le scénario comprend deux paradigmes qui changent complètement la perception de l’histoire. Malheureusement, la bande annonce en dévoile un ce qui nuit à la surprise du spectateur. Malgré ça, j’ai aimé ce film, ses surprises et le jeu magnifique de Daniel Craig et Rachel Weisz. Naomie Watts a un personnage assez secondaire. Je trouve Daniel Craig bien meilleur acteur que dans ses James Bond. 8,6/10
