Archive pour février 2012»
La peau que j’habite, de Pedro Almodovar.
La peau qui m’habite (La piel que habito), de Pedro
Almodovar. Espagne 2011. 120 minutes.
Avec Antonio Banderas, Elena Anaya, Marisa Paredes, Jan Cornet, Ana Mena…
Un scénario très original et troublant. Un chirurgien esthétique travaille sur l’amélioration de la peau. Sa femme est morte brûlée dans un accident d’automobile. Lorsqu’il apprend que sa fille a été violée et qu’elle en meurt par la suite, sa vengeance sera incommensurable et sans retour. Pour les fans d’Almodovar, ils se régaleront. Le maître se surpasse. Antonia Banderas prouve qu’il est un grand comédien, trop souvent mal utilisé au cinéma américain. On remarque deux jeunes acteurs qui reviendront sans doute dans un film du réalisateur espagnol, puisqu’il aime reprendre certaines de ses vedettes : Elena Anaya, non seulement très belle mais très talentueuse, et Jan Cornet, qu’on pourrait détester mais qui peu en peu attire notre pitié par son jeu intense. Almodovar n’est vraiment pas tendre envers les violeurs. Sa solution empêcherait toute récidive.
8,8/10
P.S. Je suis allé revoir L’artiste dimanche après-midi avant qu’il gagne 5 Oscars durant la soirée. Je revois rarement des films au cinéma. Il y a au moins 3 exceptions: Vertigo, d’Hitchcock, Titanic avec Leonardo, et L’artiste.
Goon: Dur à cuire, de Michael Dowse
Goon : Dur à cuire, de Michael Dowse. Canada 2012. 92 minutes.
Avec Sean William Scott, Marc-André Grondin, Liev Schreiber, Alison Pill, Jay Baruchel, Kim Coates, Eugene Levy…
Plusieurs critiques ont trouvé ce film drôle. Si d’entendre sacrer à profusion vous fait rire, vous allez rire. Si d’entendre un langage ordurier principalement axé sur
le sexe avec vulgarité vous fait rire, vous allez rire. C’est un film pour 13 et +, j’aurais mis 18 et +. Ne nous méprenons pas, ce film est très bien produit pour atteindre son objectif principal : faire de l’argent. C’est une comédie, dans la salle peu de gens riaient. Je ne comprends pas pourquoi Marc-André Grondin et Liev Schreiber, qui sont d’excellents comédiens, se retrouvent dans cette galère. Jay Baruchel, je comprends, il a coécrit le scénario et sa copine a le rôle principal féminin. Sean William Scott, qui a une longue liste de films du même acabit, manifeste quand même un certain talent à jouer les idiots. Je trouve que les joueurs de hockey de cette ligue mineure sont beaucoup plus âgés que dans la réalité. Quand tu as les cheveux gris et que tu vis un divorce, tu n’as pas entre 18 à 25 ans. La question qui se pose : Est-ce que ce film prône la violence au hockey? Ma réponse : Oui. Quand le but de certains joueurs est de blesser ses adversaires surtout ceux qui ont du talent pour ce sport (Demandez à Sidney Crosby?), on accepte la violence. Quand on voit les spectateurs dans les estrades demander leur quota de sang, qui coule à profusion dans ce film, de mâchoires brisées, des parties du corps coupées par des patins dans le but de gagner, on encourage la violence.
Mais c’est une comédie… Ma dernière réflexion qui ne plaira pas sans doute :
plusieurs scènes encouragent l’intimidation, le harcèlement et la violence
contre les plus faibles. Ça devient permis quand c’est fait légalement lors d’un
sport? Lors du générique de la fin, on aperçoit des scènes de batailles tirées de vrais matchs de hockey, on nous présente également le gars source d’inspiration du scénario. Ne craignez rien, il s’est retiré, car trop amoché. Maintenant il est policier aux États-Unis.
7/10
C’est la guerre, de McG
C’est la guerre (This Means War), de McG. États-Unis 2012. 98 minutes.
Avec Reese Witherspoon, Chris Pine, Tom Hardy, Chelsea Handler, John
Paul Ruttan, Abigail Spencer, Angela Bassett, Rosemary Harris…
2/3 du film est une comédie et le dernier tiers est un film d’action avec fusillades, courses en autos et de nombreuses cascades. Le mélange des genres est une réussite. Les femmes aimeront le côté comédie et les gars apprécieront l’action ou vice versa. J’ai ri à plusieurs reprises durant la projection. L’histoire est celle de deux agents secrets, amis au départ, qui tentent de conquérir le cœur de la même femme. Les trois vedettes principales s’en donnent à cœur joie. Chris Pine, dont c’est le premier film que je vois de lui tout comme Tom Hardy, joue parfaitement le macho superficiel dont la seule occupation après son ouvrage d’agent secret est de séduire le plus de femmes possible. Le scénario se déroule à un rythme rapide sans longueur. Les dialogues sont coquins. La meilleure amie du personnage principal féminin, jouée par Chelsea Handler, donnerait des sueurs froides à plusieurs gars. C’est la guerre se classe comme un très bon divertissement
8,7/10
Le Havre, de Aki Kaurismäki.
Le Havre, de Aki Kaurismäki. Finlande/France 2011. 90
minutes.
Avec André Wilms, Blondin Miguel, Kati Outinen, Jean-Pierre Darroussin, Jean-Pierre Léaud, Elina Salo, Evelyne Didi, Quoc Dung Nguyen, Laëka (le chien) , François Monnié, Roberto Piazza (Little Bob) Pierre Etaix…
Aki Kaurismäki est un réalisateur finnois qui a un drôle de sens de l’humour. Lorsque j’ai vu son film L’homme sans passé, les spectateurs ne riaient pas, car l’humour est très différent des comédies américaines et même européennes. Le réalisateur exige que ses comédiens n’expriment aucun sentiment dans leur figure et qu’ils parlent d’une voix monocorde. Quand on voit un de ses films pour la première fois, on a l’impression que tous les acteurs jouent faux. On dirait que le réalisateur désire que les spectateurs vivent les émotions de l’histoire contrairement à ses personnages, comme me l’a dit si justement une cinéphile. Le Finnois aime s’entourer de ses comédiennes fétiches, ici Kati Outinen et Elena Salo. On retrouve Jean-Pierre Léaud, un comédien fétiche du grand François Truffaut, et Pierre Etaix qui tourne depuis 1959. Jean-Pierre Darroussin toujours excellent, entre très bien dans la peau de son personnage froid. La musique représente souvent les années 1940 et 1950. Les décors ont un côté entre deux guerres, malgré les cellulaires. Un film complètement dépaysant et intentionnellement hors d’une époque précise. Comme dans L’homme sans passé, Le Havre a un personnage attachant en celui d’un chien. À voir pour connaître un réalisateur qui nous présente des films très personnels et originaux.
8,5/10
Louis Hémon traqué par son destin, de Bernard Courteau. Éditions Guérin. 2011. 182 pages.
La version officielle de la mort de Louis Hémon, le célèbre auteur de Maria Chapdelaine, raconte qu’il a été frappé par un train qui allait à toute vitesse. Son problème de surdité l’empêchait d’entendre la locomotive. Fumisterie. Après de nombreuses lectures et des recherches exhaustives, l’auteur Bernard Courteau nous transmet la vraie version. Qui était Louis Hémon avant son arrivée au Québec en 1911? Courteau nous renseigne sur ses liens tendus avec son père, sa fuite en Angleterre, son travail à Montréal et son court laps de temps passé à Péribonka. Hémon ne connaîtra jamais un succès littéraire avant Maria Chapdelaine qui est une œuvre posthume. Hémon n’est pas le premier Français qui a écrit un roman qui se passe au Lac-Saint-Jean. Le livre de Courteau est une mine de renseignements sur Louis Hémon, le fils que peu de parents désireraient.
Le voeu, de Michael Sucsy.
Le vœu/ The Vow, de Michael Sucsy. États-Unis 2012. 104 minutes.
Avec Rachel McAdams, Channing Tatum, Sam Neill, Jessica Lange, Scott
Speadman, Jessica McNamee…
Vous allez voir ce film. Après vous vous rendez dans un restaurant tranquille aux lumières tamisées. Deux chandelles allumées et une rose rouge vous attendent à la table. Vous dégustez un excellent repas en buvant un bon vin. Vous avez compris, ce film est idéal pour une soirée de la Saint-Valentin. Ce n’est pas un chef d’œuvre,
mais on s’en fout. On regarde une belle histoire d’amour, basée sur un fait
réel, on sourit, on verse quelques larmes et on se sent bien. Comme dit la
chanson dans Don Juan : L’amour est plus fort. L’histoire : un jeune couple a un accident d’automobile. La femme ne se souvient plus des cinq dernières années de sa vie. Elle ignore qu’elle est mariée et se demande qui est le gars qui se déclare être son mari. Rachel McAdams est superbe comme dans Les pages de notre amour. C’est la première fois que je constate que Channing Tatum est capable de plusieurs expressions faciales. C’est sans doute son meilleur rôle jusqu’à ce jour. De
plus, j’ai remarqué qu’il y a une recherche pour nous présenter des images
originales et belles.
8,7/10
L’art d’aimer, d’Emmanuel Mouret.
L’art d’aimer, d’Emmanuel Mouret. France
2011. 85 minutes.
Avec Frédérique Bel (présente au FFM), François Cluzet, Julie Depardieu, Judith
Godrèche, Laurent Stocker, Gaspard Ulliel, Élodie Navarre, Emmanuel Mouret…
L’art d’aimer est du genre film à sketchs. Certains personnages peuvent faire une apparition brève dans le sketch d’un autre. Un narrateur raconte les différents sentiments qu’éprouvent les personnages tous ayant des difficultés dans leurs relations amoureuses. La force de ce film est son scénario: subtile, charmant, comique et gorgé de belles réflexions. Il a d’ailleurs reçu un prix au Festival des films du monde l’été dernier. J’ai particulièrement aimé les personnages joués par Frédérique Bel, François Cluzet et Laurent Stocker. Lors de la première représentation de L’art d’aimer au FFM, l’actrice Frédérique Bel, qui porte très bien son nom, déclara qu’Emmanuel Mouret était son réalisateur préféré. Ce dernier, abasourdi, réussit à peine à dire deux phrases pour parler de son film. Un moment tout à fait charmant.
8,5/10
Le gamin au vélo, de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Belgique 2011. 87 minutes.
Avec Thomas Doret, Cécile de France, Jérémie Renier, Olivier Gourmet…
Les frères Dardenne ont gagné le Grand Prix du Festival de Cannes 2011 pour ce film. Avec très peu de musique, Le gamin au vélo nous transporte dans un monde très réaliste et inhumain. Le jeune gamin subit les conséquences de l’immaturité et l’abandon de son père (la mère est absente sans qu’on sache pourquoi), ne réalise pas la chance qu’il a de rencontrer une bonne samaritaine et se laisse influencer par un adolescent magouilleur. Ce film m’a donné plus de frissons dans le dos que La dame en noir. L’horreur que vivent certains jeunes nous révolte. J’ai failli quitter la salle avant la fin. Cécile de France est toujours aussi extraordinaire dans un rôle secondaire. Le jeune Thomas Doret, dont c’est la
première expérience au cinéma, rend toute la douleur et la tristesse de son
personnage en quête d’amour. Un beau film, mais dur à regarder si on a le bien
des enfants à cœur.
8,4/10
La dame en noir, de James Watkins.
La dame en noir / The Woman in Black, de James Watkins. Grande-Bretagne 2012. 95 minutes.
Avec Daniel Radcliffe, Janet McTeer, Ciaran Hinds, Shaun Dooly, Mary
Stockley, Misha Handley…
La dame en noir n’est pas un film d’horreur, mais un film de peur. Il n’y a pas de tueur en série qui s’amuse à démembrer ses victimes. Tout le scénario repose sur les épaules de Daniel Radcliffe. Plusieurs scènes se concentrent sur les réactions
physiques de Radcliffe sans se servir de dialogues. Pour réussir un tel exploit, ça prend un comédien capable d’utiliser ses expressions de visage, son corps et ses attitudes pour communiquer un climat de peur, de crainte et de stress. Devant certaines images, de grands frissons m’envahissaient. Radcliffe réussit ce tour de force. Jamais je n’ai pensé à Harry Potter tout au long du film. Le scénario est inspiré d’une pièce de théâtre de Susan Hill. Les décors gothiques et les images brumeuses reflètent parfaitement le climat de tension fidèle au genre. Pour ceux qui aiment les films d’angoisse, celui-ci est une réussite.
8,5/10
